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KINSHASA
Les agents de la Société nationale d’Assurance (SONAS) vont se déployer le 1er décembre dans les différentes artères de Kinshasa pour le recouvrement forcé après les négociations avec l’Autorité urbaine qui a finalement donné son feu vert au déclenchement de l’opération tant redoutée par les usagers de la route.
Entretemps, la SONAS a développé une intense sensibilisation à travers des affiches et autres dépliants remis en mains propres aux propriétaires des véhicules dans les différents carrefours de la capitale. Néanmoins, les négociations avec les autorités de la ville ont été particulièrement difficiles d’autant que la coïncidence de cette opération avec celle qui a débuté plus tôt sur la vignette n’était pas de nature à rassurer les usagers de la route. L’on se rappelle que le ministère provincial des Transports a exprimé des préoccupations sur cette coïncidence aux Dépêches de Brazzaville avant de se résoudre à reconnaître que les Kinois ont une fois de plus cherché à s’acquitter de leur devoir tardivement. En effet, l’opération de la vignette a débuté plus tôt que celle de l’assurance. D’où la conclusion d’un concours malheureux de circonstances.
Pour autant, la colère est visible du côté de certains Kinois approchés par la rédaction. « Je me demande si le gouvernement est conscient de la précarité de la situation de la population. Au même moment, payer la vignette et l’assurance. Pour ma voiture Mitsubishi, je dois payer quatre cents vingt dollars américains d’assurance annuelle. Mais je dois aussi faire face à la montée des factures de la Société nationale d’électricité (SNEL) et de la REGIDESO. A Matete où je vis, ma facture a dépassé les soixante milles francs congolais alors qu’elle s’établissait à moins de six mille francs congolais », a déploré un chauffeur de taxi rencontré à la Gare centrale de Kinshasa. Dans la foulée, beaucoup de Kinois se rappellent encore que pas plus tard que le week-end dernier, le gouvernorat a lancé officiellement la campagne de l’impôt foncier et l’impôt sur le revenu locatif pour donner à la ville les moyens de ses actions. Cette campagne est plutôt mal accueillie d’autant qu’elle rajoute des soucis aux Kinois qui se demandent comment faire face à l’ensemble de ces dépenses. « Le gouvernement veut augmenter ses recettes mais n’est pas encore disposé à augmenter les salaires », a-t-il souligné.
Cependant, comme les Dépêches de Brazzaville l’ont annoncé, les autorités de Kinshasa ont décidé de placer un plafond pour l’impôt foncier dans les communes populaires et pauvres. La fourchette va de deux mille à vingt mille francs congolais. En retour, les propriétaires des villas dans les communes chics n’ont qu’à bien se tenir car aucune baisse n’est envisagée pour eux à ce stade par l’Hôtel de ville de Kinshasa.
Laurent Essolomwa |